[SITCOM] L’affinage

Si nous avons pu la semaine passée parler en toute légèreté des Sitcoms de Colocs, il est temps d’entrer dans le vif du sujet.

Comme vous le savez, nous aimons le fromage chez La Tomme Crochue. Et si une chose est importante quand on fait du fromage, c’est l’affinage. Alors aujourd’hui, laissez moi vous présenter notre vision de la Sitcom au cours d’un voyage chronologique au pays des fumets et des saveurs .

Affinage 10 Saisons

Dans le monde des séries, on ne compte pas en mois d’affinage, mais en saisons. Et quand une série se targue d’avoir vécu 10 saisons et reste un des plus grands classiques de sa catégorie, on peut alors parler d’affinage.

A l’extérieur, une croûte épaisse de préjugés qui se sont entassés à la surface. Ces à-priori qui ont forgé des carrières, porté les références de l’oeuvre et qui lui donne cet air vieilli, c’est le poids du temps.

Le coup de vieux quoi !

Le coup de vieux quoi !

Prenez Friends, Sitcom culte s’il en est, et essayez d’en parler à un ami. « JA était trop belle », « Joey me faisait vraiment rire », « Oh mon dieu la déco ! », voilà ce que vous entendrez. Une série qui date comme celle-là laisse seulement des impressions. On se souvient quelques gags, ou des moments clés.

Observez comme le cœur a séché, et s’est empreint des odeurs des époques qu’il a traversé. En regardant la série

Quelques années plus tard, le quotidien ne nous parle plus. C’est comme de visiter une maison où l’on a vécu son enfance 30 ans après. On y voit le kitsch, les facilités d’écriture de l’époque. On y entend une musique, qui n’est plus synonyme de jeunesse aujourd’hui. Et même les métiers des personnages qui semblent aujourd’hui des plus clichés.

On aura d’ailleurs tout le loisir de découvrir le processus de vieillissement d’une série la semaine prochaine avec notre Focus sur les Sitcoms des 90’s et vous allez voir qu’il y en a des choses à dire !

Les Fromages Frais

En attendant, voilà nos petits nouveaux. Ces New Girl, Big Bang Theory et autres profitent d’une popularité impressionnante, et leur force est qu’ils sont à la pointe du quotidien. Que ce soit l’innovation et les références pop omniprésentes de Big Bang Theory, la situation sociale des colocs de New Girl ou l’étonnante présence de James ‘Dawson’ Van Der Beek dans The Bitch in Appartment 23, chaque moment nous ramène à notre quotidien. Les groupes sociaux sont semblables aux nôtres, les valeurs des personnages propre à leur environnement.

Ils sont nous.

Evidemment, ils profitent de moyens bien plus développés. Les budgets eux même sont plus élevés en raison d’une audience plus grande dès les premières diffusions et les studios usent et abusent d’économies d’échelle pour produire plus vite, et plus fort.

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Dawson n’a jamais autant été dans la place

Néanmoins, il est un élément qui fait la force de ces séries, c’est qu’elles nous poussent à découvrir d’autres catégories sociales, et la sitcom a cela de bien qu’elle est un très bon vecteur d’empathie. On a de la tendresse pour les « Geeks » de Big Bang Theory qui s’ils ont l’air de losers, vivent des moments touchants et qui donnent envie. On s’amuse des péripéties d’une star déchue en voyant les shootings foireux que Dawson va faire, etc.

Et pourtant, apportent-ils quelque chose de nouveau ? Je veux dire de VRAIMENT nouveau ?

Immuabilité des codes

Car c’est ça la réalité des faits.

Depuis plus de 15 ans, les codes de la Sitcom n’ont pas changé. Elles sont réalisées de la même manière, rythmées par péripéties, avec une ligne directrice ténue mais persistante. Elles accompagnent le quotidien avec une récurrence d’épisodes spéciaux saisonniers.

Mais attention Immuable n’est pas péjoratif.

C’est la preuve de la solidité d’un format qui aura toujours réussi à se renouveler par le fond et non par la forme.

Si on aime les sitcoms et notamment ces Sitcoms de Colocs, c’est parce qu’elles respirent un quotidien qui nous vide la tête, qui nous fait dire qu’on est pas si fous que ça après tout. Mais aussi elles répondent à un besoin de stabilité. Ainsi, si dans Friends on allait au Central Perk, on ira au MacLaren dans HIMYM : aucune différence sinon que les Pubs sont bien plus hype que les cafés de nos jours. Et en plus on s’y dit la même chose.

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