Mister Robot – Dans le code la fête est plus folle

Mister Robot – Dans le code la fête est plus folle

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Quand on bosse régulièrement avec des développeurs, et des gens qui s’y connaissent en réseau, programmation, et autres traitements de données, on a toujours peur quand ça commence à parler Hack dans une oeuvre grand public. L’image du hacker, et de toute personne travaillant dans l’informatique en général est déjà trés mauvaise la plupart du temps, par exemple le russe Boris de Goldeneye. Ce n’est pas toujours le cas, mais souvent, et même Keanu y passera avec le début de Matrix qui tient à montrer que c’est un jeune homme bordélique à souhait qui passe ses nuits devant un ordinateur.

Alors, quand on m’a parlé de Mister Robot, j’ai eu un peu peur. Peur de cette vulgarisation ratée et dévalorisante, de ce type capable de programmer un malware en 25 secondes, ou de défendre un serveur en tapant au dernier moment frénétiquement sur son clavier. Peur que notre héros soit un geek baveux, associal et semblable à chaque autre hacker du coin.

OUF On a ici évité la plupart de ces écueils, mais tout n’est pas tout blanc. Alors mettez à jour votre antivirus et tendez l’oreille.

LA BASE VIRALE VPN A ETE MISE … MAIS TA GUEULE AVAST !

Pardon.

Ici, bien qu’il soit pas des plus sociables, l’accent de cette première saison porte sur la solitude. Opposant une personnalité dérangée à un système froid et sans visage, les auteurs se permettent un développement de personnage complet, en décrivant le jeune Elliot au travers des personnages qui l’entourent.

Le tour de force de cette série, c’est ça. Le personnage principal par le très peu à son entourage, mais il s’adresse directement au public, laissant paraître ses jugements et ses valeurs. Nul besoin d’une voix off pour décrire le hacker caché sous sa capuche, le mieux c’est d’être dans la capuche.

Lente, Lente, Lente Dépression !

Lente, Lente, Lente Dépression !

En fait, une métaphore fine vient expliquer ce qu’il se passe. Le personnage principal de la série, Elliot est le coeur d’un réseau. Ce qui le définit, ce n’est pas la conscience de lui-même, vu comme il s’estime, mais plutôt l’avis de l’extérieur. Comme un élément d’un réseau qui serait défini par les échanges qu’il a avec le reste de ce réseau.

En effet, ce sont les antagonismes qui font la force de l’oeuvre :

Entre lui et sa meilleure amie, qu’il est incapable de soutenir. Entre lui et le système, qu’il sait trop vaste pour l’identifier. Entre lui et sa psy, qu’il étudie plus qu’elle ne le fait de lui. Etc.

C’est tout ce que je vous donnerais du pitch de cette série, pour ne pas vous gâcher ce plaisir. J’ai pris beaucoup de plaisir à la regarder, tant pour son scénario tendu d’un bout à l’autre que pour son atmosphère anxiogène et son intérêt pour l’humain.

C’est un peu comme on disait dans l’article sur Matrix : Rien de mieux que les robots pour décrire les humains. En effet, le problème quand tous les sentiments sont exprimés par un personnage, c’est la tendance à la mièvrerie. Je préfère voire transparaître la mal-être d’Elliot à travers son affreuse tendance à espionner toute personne qui l’entoure, plutôt que de l’entendre geindre. C’est son mutisme face à l’écran, face à la douleur que c’est pour lui de ne pas être capable de parler aux gens pour les connaître, qui rend encore plus impactant la violence qu’il vit/s’inflige au quotidien.

Très bonne série ce Mister Robot en somme, je vous laisse donc vous en délecter et à nous dire ce que vous en avez pensé en commentaire !

A bientôt sur la Tomme Crochue !

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