[HellFest] Vendredi, l’enfer de l’intérieur

Amené à devenir le monument le plus mythique de toute la région, devançant de peu l’étang du Ribou à Cholet, l’accès au site des concerts se fait sous une impressionnante Eglise faite d’échafaudages, crachant des flammes par la pointe de son sommet. De l’autre côté, 6 scènes dispatchées suivant les différents styles de rock et de métal où les bars et stands de ravitaillement oscillent entre le démoniaque et l’incandescent.

La folie douce métallurgique se lance avec le groupe Verdun à la Warzone, espace punk hardcore au design de camps de prisonniers post apocalyptique. Un lieu que les hellfesters affectionnent particulièrement où l’atmosphère est bien plus électrique que gotique. La basse est lourde, le chant de Paulo Rui puissant, Verdun baptise cette Warzone 2017 avec efficacité dans la veine du doom, tendance hardcore psyché. Il fait chaud et la journée commence à peine, la bière dégouline par tous les pores, sa beugle, sa growl, les déguisements allant des power rangers aux hot dogs en passant par toutes les sortes d’armures chevaleresques sont aussi de sortie. Mais bon, on ne se laisse pas distraire, on a un timing serré et on choisit pour la journée un enchainement alléchant : Wormed, Avatar, Helmet, Powerwolf, Tagada Jones, Ministry, Behemoth, Deep Purple, Sabaton, Monster Magnet et In Flames. Ouais, la journée avance, on se déshydrate et on s’enivre de grosses saturations et de blast beat de folie exécutés par des batteurs survoltés, le Hellfest crache ses flammes sur ses adeptes sans se modérer.

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La War Zone, c’est ici qu’à joué Verdun

Ministery

Saisissant ! C’est le mot qui convient le plus pour illustrer l’entrée en scène d’Al Jourgensen, hybride punk rock à dread au lunette de soleil fumée. Il ressemble un peu au tueur hippie de la bande à Gary Oldman dans Léon, celui qui meurt avec sa pizza à la main…Bref ! La musique démarre et le souffle de la révolte à l’américaine s’élance, appuyé par le chant de Jourgensen, costaud et dynamique. Contestataire et pas si industriel qu’on le dit, Le line up se tient bien, certaines expérimentations sonores ressortent plus que d’autres mais Aaron Rossi à la batterie et Casey Orr à la basse maintiennent la section rythmique du groupe à la perfection. En somme, un bon show intéressant, autant visuellement que musicalement.  

 

Deep Purple

Que dire…Un groupe légendaire qui a réalisé l’une des performances les plus abouties de sa tournée, au Hellfest 2017. Un plaisir de voir Ian Gillan (le chanteur) en pleine forme, dans un style un peu immobile mais assez imprégné de sa musique pour emporter un public de tous âges qui chante les tubes du groupe avec bonheur. Lazy, Highway star, Strange Kind Woman etc. La foule apprécie et c’est bien normal, toute la set list est exécutée avec rigueur et passion pour un band hors du commun que j’aime qualifier de « maître du hard blues ». Un orgue magnétique évidemment, le bandana de Roger Glover en tête de proue et Steve Morse…Alors oui c’est un grand guitariste, roi des « cascades » qui glisse sur son manche avec une fluidité incroyable mais bon… Lorsqu’on aime Ritchie Blackemore autant que moi, on regarde Deep Purple en pensant à lui chaque seconde…En espérant le voir sur scène un de ces jours.

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Sabaton

Déjà vu au Hellfest 2010, j’ai eu vent de leur évolution depuis tout ce temps-là. En étant honnête, c’est du grand n’importe quoi mais du grand n’importe quoi de très grande qualité ! Sabaton est un groupe de power métal suédois bien assumé qui travaille sur scène son imagerie militaire et guerrière, en mode flammes, treillis et chars d’assauts. Et c’est bon ! Non pas parce que musicalement c’est époustouflant (c’est plutôt du genre ultra carré, mélodies accessibles etc.) mais plutôt grâce au chanteur Joakim Brodén qui s’agite non-stop sur scène entrainant avec lui toutes les âmes en présence. Un très bon divertissement à la sauce power metal qui vire parfois dans le ridicule mais qu’importe !  Sabaton a mis tout le monde de bonne humeur et a prouvé la valeur d’une progression fulgurante en plus de quinze ans de carrière.

In flames

Après avoir pris une bonne petite claque en les découvrant en live pour la 1ère fois en 2015, l’envie de les revoir est bel et bien là. Mais plus le show se déroule et plus l’excitation retombe, devant un concert qui m’apparait en demi-teinte. Le boulot est fait c’est une certitude : des breaks hyper efficaces, des ambiances multiples dans la plupart des morceaux ou encore l’énergie générale qui se dégage de ce groupe…Vraiment galvanisante. Ça vaut le coup d’être vu, ça reste cool mais à une heure du mat’ la fatigue se fait aussi une place le besoin d’être requinquer par quelques choses de plus enivrant…aussi.    Avec cette sale impression de plus en plus omniprésente de voir un hipster en chemise à carreaux se démener sur scène (parce que c’est cool de hurler dans un micro), la peur me vient. Est-ce un sentiment excessif ou la triste réalité ? Aucune idée donc tapons au milieu : en somme, une performance moyenne pour un groupe fondamental dans l’univers du metal.

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