[HellFest] Dimanche, le spleen du dernier jour.

On peut se dire, à brûle pour point, qu’il est toujours frustrant de se lever pour la dernière fois de l’année dans les flammes du paradis des ténèbres. Mais soyons honnête, on visualise aussi le confort de son lit qui annonce calme et silence pour le repos des adeptes du Hellfest.  Alors profitons-en jusqu’au bout.

10H30, je me mets en route vers les portes de l’enfer en prenant mon temps. Quelques discussions avec des festivaliers au sein de l’extrême Market, essayer d’une Les Paul Gibson US, observer les tatoueurs officier leur office, discuter avec des bénévoles en buvant des bières au soleil, s’exciter sur la borne d’arcade de Russian mother bleed. Je commence à imaginer un monde où ce havre de paix et de musique serait ouvert tout au long de l’année… Je rêve, bref.

Bientôt 11h30 et Bien Caler à 10 mètres de la scène de la Valley j’assiste avec beaucoup de plaisir au stoner tribal de Vodun avant de devoir ranger le campement et revenir trembler au plus vite pour IL Nino, Alter Bridge, Blue Öyster Cult, Prophets of Rage, Clutch et Slayer.

20170618_202956

 

IL Nino

Pas spécialement fan au début du concert, encore moins à la fin du set.  Un son assez brouillon, une heure de passage ou la motivation des spectateurs retombent un petit peu (je suis sympa), pas évident d’être dithyrambique au sujet d’Il Nino. Un style Nu Metal sans panache qui m’a laissé, en somme, de marbre. Quelques bons riffs et de bons enchainements mélodiques cependant mais qui ne permettent pas de sauver une formation trop classique et une impression de déjà vue mille fois dans l’univers du métal indus latino-américain.

Alter Bridge

J’ai découvert Miles Kennedy, le chanteur d’alter bridge, lorsqu’il tournait avec Slash en 2015. Plutôt impressionner par son chant, et son esprit rock, j’avais quelques ambitions en vue de la performance de ce band dont il est le leader. Pas transcendant sur l’album studio, le son d’Alter Bridge avait, dans ma tête, vocation à prendre de l’ampleur en live. En un mot : déçu. Un manque de punch instrumental assez monstrueux et une tendance rock FM trop prononcée malgré le talent de Kennedy qui se place clairement au dessus du lot en terme de chant rock, en digne héritier de Steven Tyler. Digne…Je l’espère pour lui plus que j’en suis persuadé. Mais j’ai la conviction que ce vocaliste aurait mérité de former un band aux mélodies bien plus rock métal que…rock d’ados.

Blue Öyster Cult

Littéralement « Le Culte de l’Huître bleue », ce groupe américain, qui a oscillé entre succès sauce MTV eighties et dark heavy psyché assez confidentiel, a toujours suscité de la passion et du respect dans la sphère métal. Lancinant mais rythmés les albums du groupe m’ont toujours plu alors j’attendais avec impatience une performance live pour parfaire mon avis. Et ce fut…Bizarre. Entrainant tout d’abord, de jolies petits pickings rock avec leur tube « Don’t fear the reaper » et une belle petite basse sur « Burnin’ For You » puis arrive subitement quelques constats problématiques : même Dave Mustaine bouge plus qu’eux sur scène, ma petite sœur pourrait tenir la batterie, j’aurais dû m’assoir et fermer les yeux dès le début, c’est encore comme ça que le groupe se savoure le mieux. En bref : particulièrement agréable à l’oreille quand on aime les mélanges rock blues psyché et heavy métal mais plutôt lambda en live.

20171009_121947

Prophets of Rage

Et oui, la foule s’amasse face à la mainstage, le « supergroupe » du moment va s’installer sur scène pour un set qui devrait faire l’unanimité. Que dire d’intéressant sur la performance de cette fusion nineties…Cypress Hill  et Public Enemy rencontre le touché de génie de Tom Morello, en gros. Ah ,certes c’était fun ! Quelle energie pendant plusc d’1h et demi ! Bombtrack, Killing in the name…toute cette puissance tubesque qui résonne comme des micelles pour plusieurs générations. Ce fut monstrueusement agréable d’hurler, parmi des milliers, « Take the power back ! », mais je dois dire que j’aurais préféré voir Zack de la Rocha au chant, habité, imprégné, allant au bout de son effort, à la place de Chuck D et B-real qui me sont apparus comme simplement politisés et assez éloignés de la galaxie métal. Démerdez vous avec ça !

Clutch

Mon concert préféré, sans aucun doute. La fatigue étant grandissante en ce dimanche soir mais ce fut, pour autant, un véritable concours de slams dans la chaleur sonore clutchienne…si imprégnée d’une brume électrique où le blues résonne grassement sur des cordes métalliques. Neil Fallon a envoyé ses classiques avec stoïcisme et puissance tel qu’il sait si bien le faire, un régal avant l’enchainement du diable…Doom Saloon suivie de Our Lady of Electric Light. Un moment de plénitude et de communiond’exception. Scotché et heureux.

Slayer

Depuis la mort de Jeff Hannemean, guitariste fondateur de Slayer emporté par sa passion amoureuse pour l’alcool en 2013, le groupe légendaire de trash métal donne l’impression d’aller au boulot…sans conviction. Ce fut un bon show bien sûr, de la maîtrise, des grands classiques violents et enivrant à écouter dans la nuit noire incandescente du Hellfest, mais on finit par voir un groupe qui n’est plus là ou presque. Très professionnel, on ressent que c’est n’est pas non plus le grand amour entre les membres du  band. Tant pis, Repentless, leur dernier opus est totalement réussi et évidemment la setlist fait résonner Rainning blood dans la plaine clissonnaise qui livre ses derniers râles de bonheur, de communion et de plaisir. Que juin 2018 arrive vite…

20170616_192853

About author
Photo du profil de Romain - Hak - Q.

Romain - Hak - Q.

J'aime être vos yeux et apporter de nouvelles lectures à mes programmes et œuvres favoris. Mais soyons honnêtes j'fais beaucoup de jeux de mots plus ou moins bons et compréhensibles si vous ne l'avez pas vu. Et surtout j'adoooooooooooooooore le fromage avant tout !

Your email address will not be published. Required fields are marked *