Comment c’est loin – Vous en prendrez bien un petit morceau ?

Comment c’est loin – Vous en prendrez bien un petit morceau ?

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A croire que c’est la semaine du rap, car le film dont il est question aujourd’hui c’est le premier long d’Orelsan, coréalisé par, et avec toute l’équipe qui entoure le rappeur subversif, associal, et touche-à-tout.

Capture-d’écran-2015-11-27-à-17.19.21Et quel meilleur moyen de parler de Comment c’est loin qu’en étudiant un des sons de cette pseudo comédie musicale des plus réussies. Laissez moi planter le décor, on découvre Aurélien et Guillaume Tranchant (euh… Gringe, c’est Gringe enfait) dans le studio de Radio Phenix, et cette scène, c’est comme le pitch du film. Utilisée en teaser, elle prophétise aussi, avec un peu de recul, tout ce qui va se passer dans le film. Cette histoire de branleur que les bonhommes se trainent en filigrane depuis des années, depuis Saint Valentin, jusqu’à Bloqué, ils seront passés par tous les médiums, et souvent avec une grande réussite, amusant pour des types qui martèlent toujours tout rater 😉

Comment-c-est-loin_Photo-M_02En somme, vous aurez droit à un film avec une super fraîcheur, un joli travail de réalisation et une histoire prenante car l’univers est construit et les personnages tantôt ancrés dans le réel, tantôt des plus déconnectés vous inviteront à découvrir de belles tranches de vies. Ca fait trés « film français » n’est-ce pas, bah ca tombie bien car j’y vois une jolie façon de redorer le blason d’un cinéma Cocorico souvent bâclé et bourré de mauvaises intentions.

Décor planté, alors maintenant on va se la jouer Rap Genius, avec une petite lecture entre les lignes.

[Gringe]
J’arrive en cours avec plus de retard qu’une femme enceinte
Pieds sur la table, Reebok blanches, taille 45

Grand pied grande b*** ? Gringe ouvre sa grande gueule de branleur, c’est ce qu’on apelle entrer dans la peau du personnage.

J’rends copie blanche, laisse pas d’empreinte
C’est tous les jours dimanche, si tu m’reçois, viens, tape m’en cinq
Y’a rien à faire, j’suis paresseux
Comme une maladie grave, mon gars bicrave mes sachets d’beuh

Ah bah ouais en effet, rendre copie blanche il l’a longtemps fait, et il le fait encore depuis quelques temps étant donné qu’il n’est pas foutu de sortir son morceau, et que c’est le but des protagonistes du film

L’argent facile, les filles aussi, obsédé par les deux
Donc j’compte mes billets pendant qu’ta petite copine me tape des queues
Fous-moi du son, comme ça qu’j’m’immerge
J’m’en fous d’tout exploser, j’ai déjà baisé soixante-dix vierges
Pour moi, l’rap, c’est easy comme un exercice de maths

Autant dire que c’est pas si facile que ça, et on a de quoi le prouver, ils ont jamais rien sorti, va falloir ressortir tes cahiers mon p’tit Gringe.

MC, t’es mort dans l’œuf, MC, t’es mort sur l’île de Pâques
Mec, on apporte sang neuf, défonce comme une pipe de crack
Approche-toi des enceintes, finis ta vie comme Simple Jack
Et j’donne ça à l’ancienne, époque tattoo et bob Kangol
Quand on tirait jusqu’au filtre sans qu’ça parte en clope menthol

Ouais, ils vont en apporter du sang neuf, celui de ceux qui n’ont rien achevé, ceux qui ont leur style propre et sont devenus de vrais têtes dans le rap game.

[Orelsan]
Le meilleur groupe de tous les temps avec un job à côté
Ma meuf a quinze ans, on fait des jeux bizarres avec sa corde à sauter
J’suis Mick Jagger qui fait d’la téléprospection
J’connais moins bien mon visage qu’mon reflet dans la machine à pression

Son taf, sa meuf, sa bière, un bon résumé de la vie qui tourne en boucle d’un Orel décérébré, ininteressé, détaché.
J’fais tout l’contraire de c’que j’suis censé faire, la preuve : j’rappe
J’mets leurs albums à l’amende avec un seul track, un seul back

Ca c’est la partie IRL, car si vous ne le saviez pas, avant de tout déchirer dans le rap, Orel était plutôt partant comme son cher ami Scred à se lancer dans la prod de sons, mais Scred l’a poussé à rapper car il était trop bon, une jolie histoire.

Ces jeunes catins rêvent de vivre dans une pub de parfum
On vit dans les pubs préventives où les jeunes meurent à la fin
Même pas sûr d’avoir le mérite d’exister
Pessimiste, c’est la sixième fois d’la semaine que j’me fais dépister
J’ai du mal à m’faire gicler quand j’suis déchiré
J’fais qu’limer, j’baise jusqu’à c’que la capote soit périmée
J’traîne avec des mecs inadaptés

Ah ca c’est clair qu’il faut voir la gueule des copains

Qui prennent des drogues avec des noms qui font toutes les lettres de l’alphabet
Adolescent attardé, hooligan au crâne rasé
Macchabée, à trois heures du mat’ au McDrive à pied

Comme ils le diront dans le teaser, extrait d’une longue traversée champêtre : « Comment j’ai faim, comment c’est loin ! »

[Orelsan & Gringe]
Orel et Gringe : bonnet blanc et blanc benet
Mon rap est tellement violent, tu vas rater ton brevet

Autodérision totale, un bon moyen de présenter les protagonistes qui prennent soin de tout gacher.

J’fais des sons mélancoliques, les tiens sont bêtes à pleurer
J’passe mes journées dans mon lit, Jésus pourrait pas m’lever
C’est ni fait ni faire, donc ça sera jamais refait

Aucune ambition.

J’me fais souvent gober les couilles et ma carte de retrait
Tu veux connaître la formule ? J’garde le secret
Tout c’qu’on va laisser derrière : des larmes et des regrets
Plus rapide que toi quand tu tapes un sprint
Tu veux savoir c’que j’pense de ton album ? Néant
J’collectionne les mythos et les lendemains d’cuite

Genre les 5 phases d’au dessus, ouais je pense bien que ce sont des mythos. Je pense pas qu’il manque d’argent, il laisse des grands sourires et pas des larmes derrière lui, il va trop vite pour les autres et ça m’éttonerait également qu’il se foute de la zik des autres. C’est un artiste après tout.
Pour esquiver ma meuf, c’est du slalom géant
Monte le son, j’veux qu’les voisins flippent
Faudrait qu’j’perde un pari pour qu’on fasse un feat
Le point commun entre ta meuf et la mienne : sa bite
J’la baise et j’m’endors en étoile de mer #Patrick
Nous, on rentrera jamais dans les clous
Nous, on vient réinventer la roue
On est tout c’que tu verras jamais dans GQ
C’est pas la photo qui déconne, c’est moi qui suis flou

Conscient de son état, Orel revendique ses différences et précise a son audience qu’elle n’a pas à s’adapter à lui, car il s’en bat les couilles

Féroces et mignons comme deux pandas roux

En voie d’extinction ? Ca va changer ? On est uniques, mais on est dans la merde ?
C’est du rap balnéothérapie, on les traîne dans la boue
Nous, on essaie seulement d’avoir l’air normal
Quand ils sont prêts à tout pour avoir l’air fou

Le pere, etc. tous ces personnages sont décalés mais si plats alors que coté Zéros, c’est des tarés, et leurscomment-c-est-loin-le-film-avec-orelsan_163584_w460 potes aussi.
Tu parles sous coke on fait parler la poudre
Trouve-nous là où tu vois tomber la foudre

Ils sont coooooo-oooooooo–oooooooo-ools inside.
Les abrutis du fond du bus, des sales crétins
On fait passer ton groupe hardcore pour un groupe de rap chrétien

YIPIKAYEEEE

Merci Gringe de ce petit clin d’oeil à piège de Cristal, un ami m’a reproché il y a peu de ne peas avoir pris soin de parler de McLane dans notre article sur Brooklyn 99 😉

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