[CastleVania Vs. LastMan] Animation moderne ou délire oldies ?

A l’occasion de la sortie de la seconde Partie de la série d’animation Castlevania diffusée par Netflix, et après avoir visionné d’une traite Last Man, j’ai pensé pertinent de vous proposer un ‘portrait’ croisé de ces deux oeuvres d’animation.

Que ce soit dans les formats, contenus ou idéologies que ‘traitent’, ces séries sont confrontables en tout point.

Sautons donc ensemble le pas de la ’fantaisie’ moderne et voyons ce qui se cache derrière les mystères qui entourent nos héros si semblables Trevor Belmont et Richard Aldana

Round 1 – Le Format

En effet, il paraît rapidement clair que nos protagonistes principaux se ressemblent. Tous deux sont des anti-héros solitaires au potentiel énorme et aux caractères bien trempés, bien que Trevor soit plus réfléchi que le fougueux Aldana. Et cela se traduit particulièrement dans les formats des épisodes et saisons qui nous sont proposées.

Que cela soit dit tout de suite, j’ai été assez impressionné par le format très court et saisissant choisi pour Last Man qui lui permet une nervosité constante dans la réalisation et des plans très cut. Ca sent la transpi et la baston, comme dans l’oeuvre originale, mais en y intégrant une intrigue prenante et rapidement ‘enjaillante’.

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Tandis que du côté du chasseur de vampire/monstres, on est vite confrontés d’une part à une certaine paresse dans la réalisation de certains passages et surtout … qu’est ce que c’est cooourt !

Bien entendu il faut réaliser qu’il s’agit aussi de contraintes de production et qu’on ne fait pas face à une saison complète mais plutôt à une première partie dans le cas de CastleVania. Donc on pourra rapidement s’en remettre en tous cas je l’espère avec la sortie de la suite.

On notera également que les choix en ce qui concerne l’intégration de l’univers fantastique inhérent aux deux oeuvres sont bien différents, et que Last Man profite largement de son ambiance urbaine et presque ‘fantastique’ en confrontant son héros à un univers qui lui est parfaitement étranger, et le spectateur avec lui. De quoi créer un attachement fort entre ces derniers. D’ailleurs il est amusant de remarquer que malgré les abominations auxquelles fait face Richard, il ne changera en rien sa méthode de combat brute et fougueuse, voire amateure parfois – là où un Belmont, fort de son expérience et équipé se revèle tacticien et un combattant aguerri.

Round 2 – Adaptation et travaux originaux

Si nous comparons ces oeuvres, c’est aussi qu’elles se rejoignent sur certains points, et notamment le fait qu’il s’agisse d’adaptations.

Last Man est la préquelle d’une bande dessinée française qui a su voir le jour grâce au financement participatif. Ce n’est d’ailleurs, à mon avis, pas étranger au fait que les épisodes soient courts, possiblement par contrainte de production, de nombre de personnes impliquées et de budget.

Quant à Castlevania, c’est évident que l’oeuvre a pris des libertés par rapport au matériel d’origine. La narration vidéo-ludique étant différente en de nombreux points aux canons sériels actuels – notamment aux canons de formats imposés par une diffusion Netflix déjà prévue avant la production.

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Il est vrai qu’on peut aussi penser que l’oeuvre en elle-même n’est pas une source si riche d’inspiration avec un scénario relativement simpliste qu’il fait bon développer en série justement. Néanmoins, l’ancienneté des jeux originaux et la pléthore de titres, personnages et relations entre eux devrait offrir du grain à moudre aux scénaristes. Encore ne faut-il pas tout mélanger par pur fan-service; écueil relativement bien évité par la bande à Dracula.

Round 3 – La Réalisation

Dernier point de comparaison principal et pas des moindres, les choix de réalisation, de style et la qualité de l’animation vont fortement peser dans la balance.

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LastMan n’a pas hésité en cela à faire des choix osés mais d’une efficacité redoutable à l’écran. Qu’il s’agisse de cadres iconiques, de mise en avant d’une photographie léchée ou d’un dynamisme impressionnant, il paraît clair que les créateurs ont eu beaucoup de liberté. Mention spéciale pour ce style graphique emprunté à la BD et mixé à merveille avec le style d’animation oriental qui permet de mélanger plans forts et iconiques d’une part et mouvements dynamiques et impactants d’autre part. Une belle façon de mettre l’emphase sur la rencontre des deux mondes qui se déroule dans la série, et d’accentuer la confrontation de personnages humais à des montres qui deviennent presque des ‘métaphores, des concepts clés’. Les protagonistes se retrouvent face à leurs pêchés et vertus et doivent interagir de manière très directe avec ce ‘sentiments forts’.

Le bât blesse malheureusement pour CastleVania sur cette question. A mon sens, le choix d’orienter à ce point la patte graphique sur du manga fait perdre pas mal de badass qu’on sent dans l’oeuvre originale. D’autant plus qu’au vu des thèmes traités particulièrement lourds, j’ai l’impression que l’on perd une partie du message. Une vision occidentale du clergé christique aurait sans doute été moins manichéenne que ce qu’il nous est donné de voir. J’aurais aimé sentir plus de profondeur dans la force politique et la place de l’église dans l’éducation des peuples, et que l‘on voit plus la violence qu’est capable d’imposer un dogme si puissant dans les régions des Carpates où se déroulent l’histoire. Non pas que ce ne soit pas traité, mais je pense que l’on aurait pu avoir droit à plus complexe qu’une confrontation directe entre démons et représentants de la vertu. Vertu religieuse pour l’église qui attise la haine, et Vertu au sens de ‘bien en tant que concept’ pour les personnages principaux qui deviennent des sortes d’élus prêt à se sacrifier et à prendre des risques énormes pour le bien de tous. D’où la comparaison avec Last Man qui place également Richard Aldana comme un Neo, sauveur de la situation.

Conclusion – Victoire par K.O. ?

Ainsi, dans les deux cas, qu’il s’agisse d’un succès d’estime, ou d’un délire nostalgique, il est certain que les deux œuvres restent un bonheur pour leur communauté. D’autant plus pour LastMan qui se permet une démocratisation et une reconnaissance montante en passant par l’animation.
Il faut bien dire que quand on est estampillé Castlevania de l’autre côté, il est bien moins évident de parvenir à contenter tous les fans historiques d’une oeuvre iconique et dont les attentes peuvent être très grande. La communauté étant plus grande, on comprend alors qu’il y ait plus de déçus.

Mais ne vous en faites pas ça ne m’empêchera pas de me jeter sur la suite des aventures de Belmont et Alucard (déso si ça spoil mais bon on se doutait bien que ça allait dropper du fan-service à un moment donné). Sur ce je vous laisse, parler de Castlevania à ce point et d’une oeuvre ‘kickstartée’ en parallèle m’a sacrément donné envie de me lancer dans Bloodstained, le “Castlevania indé récent”.

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Romain - Hak - Q.

J'aime être vos yeux et apporter de nouvelles lectures à mes programmes et œuvres favoris. Mais soyons honnêtes j'fais beaucoup de jeux de mots plus ou moins bons et compréhensibles si vous ne l'avez pas vu. Et surtout j'adoooooooooooooooore le fromage avant tout !

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