[Asterix & Obelix : Mission Cleopatre] Un regard sur la BD – De la pellicule entre les cases

Si semblable à la bd, et enrichie entre les cases, l’adaptation de bande dessinée au grand écran est une mission périlleuse. Alain Chabat nous en parle dans la cinémathèque d’Arte, au cours d’une leçon de cinéma passionnante.

Mettre un temps ininterrompu – tel qu’il est présenté dans une scène de cinéma –  dans des cases, c’est pas évident. Chabat nous en parle dans l’interview, la BD c’est un art de l’ellipse. Ce qui rend la tâche ardue au cinéma, mais a créé des œuvres aussi incroyables que Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre. Alors aujourd’hui on va sauter de cases en cases, et même passer entre les cases, pour briser la glace et montrer les ficelles d’une adaptation indémodable.

Dans les cases

La composition en bande dessinée comporte plusieurs niveaux. La mise en page, la composition des illustrations et des couleurs, et l’insert de texte forment un ensemble complexe à réunir. Mais le cinéma est en capacité de relever le défi par son travail de cadrage, de photographie, et de montage. D’ailleurs, un film est avant tout un script mis en image sous forme de bande dessinée dans les premières étapes de travail : le storyboarding. Un travail de dessin indispensable à tout projet.

Alors découvrons comment Alain a su nous faire revivre le culte : Astérix & Obélix chez Cléopâtre.

2bf97aa99127d94536d02d2916eb2057[1]La réalisation,  

Conserver des cadres identiques ou des cadres conservant la composition habituelle des cases fonctionne à merveille. On y trouve du panoramique sur les étendues gigantesques de l’Egypte, semblable à de grandes cases, ou à des couvertures glacés. Mais aussi des plans serrés sur les personnages rapides lors des échanges qui respecte un rythme de lecture très BD.

C’est presque semblable à la méthode utilisée pour Sin City sur certains passages avec une reprise presque case à case des prises de vue.

Mais éloignons nous de ces exemples car l’adaptation de Chabat est restée 100% Goscinny avec notamment des costumes et des décors très proches du dessin original et surtout des couleurs et des contrastes si incroyables !

Tout cela sans compter quelques libertés comme les scènes animées dans la pyramide et lors de la plantation des jardins, superbes clin d’oeil aux innombrables dessins animés.

comparaison-bd-film-sin-city[1]

 

Et les Personnages dans toutes ces cases ?

Adapter des personnages de bande dessinée, quelle épreuve.
Bien que nombres d’acteurs en soientcapables, il faut que visuellement la transformation soit convaincante.

Spielberg a dû faire le même exercice dans Tintin et son travail de FX toujours aussi fin lui permet une pirouette techniques et un jeu naturel. Il a trouvé une patine tintin.

73636d6e4195073c19ff473ee0d10553--tintin-costume-steven-spielberg[1]

La ressemblance est frappante de naturel

Alors la patine Goscinny que l’on vient retrouver ici, on la fait comment?

On fait foisonner.
Une BD multiplie les personnages, ça facilite les gags car on change régulièrement de contexte et la grande quantité de personnage permet une variété infinie de gags. Otis, Antivirus, le centurion, les pirates, les esclaves, tant de personnages à faire jouer comme une série de gags intermédiaires à l’intrigue, mais qui doivent appuyer la cohérence et la fidélité à l’oeuvre en apparaissant.

Le but c’est de pas perdre le délire du début à la fin. Et pour ça, c’est un travail de titan qui attend l’auteur pour remplir son UpsideDown à lui, la bobine entre les cases.

Entre les cases

Comme nous le disions plus tôt, la mise en page en case impose un rythme efficace et qui offre la liberté de l’ellipse. Néanmoins, le cinéma doit savoir remplir ces ellipses au sein d’une scène. Pour cela, tous les moyens sont bons, par le gag, le commentaire méta ou juste un grain de folie personnel, Chabat propose un mélange détonnant qui sait faire la différence.

Humour de situation trés bd cartoonesque

L’humour du film est clairement un pur cartoon. Dans la tradition de la BD, le jeu de mot est très présent et les postures délirantes. Mais c’est également un travail de fond d’ajouter des gags complémentaires entre les cases, l’auteur propose des blagues discrètes mais tellement efficaces.

Il nous confie d’ailleurs que son gag favori reste la scène où Obelix semble désabusé devant les  mini sphinx, lâchant : ‘Non, j’en fais’.

Du coup je suis sympa je vous remet un petit extrait des meilleurs gags parce que c’est trop bon.


Le débonnaire Depardieu et l’affuté Clavier sont là comme on a pu le dire, et font un travail incroyable, tandis que des personnages et des gags s’enchaînent à chaque scène.

L’occasion de faire des ref’

La seule relique survivante de l'humour Chabat dans Asterix aux JO

La seule relique survivante de l’humour Chabat dans Asterix aux JO

Et pour changer de temps en temps, on en profite pour faire des références à pleins d’oeuvre. L’exercice du pastiche est amusant et fournit des scènes hyper originales comme le combat de Numerobis, référence évidente à la BD moderne, au manga, et aux films de kung fu.

C’est aussi l’occasion de faire passer des têtes connues façon cameo, et on obtient des scènes hilarantes avec Cantona par exemple, ou encore Kassovitz !

 

 

La touche finale

Inviter des copains, improviser des scènes, et dire un grand merci à Claude Berri pour sa force de production, mais ça je laisse Alain vous en parler. Ses mots sont touchants.

 

Source 

La leçon de cinéma d’Alain Chabat ? – https://www.youtube.com/watch?v=VfLAXJPz_q4

Tous les tomes d’Asterix & Obelix que j’ai pu lire et que je lirais encore

About author
Photo du profil de Romain - Hak - Q.

Romain - Hak - Q.

J'aime être vos yeux et apporter de nouvelles lectures à mes programmes et œuvres favoris. Mais soyons honnêtes j'fais beaucoup de jeux de mots plus ou moins bons et compréhensibles si vous ne l'avez pas vu. Et surtout j'adoooooooooooooooore le fromage avant tout !

Your email address will not be published. Required fields are marked *