Alltta – Amour du disque et Voix des anges

Nous avons pu le voir dans notre premier article (“l’avènement du Hip Hop”), le Hip Hop est une somme de talents et d’idées qui nous transporte.
Depuis des dizaines d’années, on commence à le voir poindre par touches dans de nombreuses œuvres du cinéma à des genres musicaux plus ou moins éloignés.
Mais cela va même plus loin que les productions audio/audiovisuelles car il apporte aussi sa vision artistique de l’environnement urbain, ou encore sa valeur de collection.


Aujourd’hui, je vous propose de jeter un oeil à sa place dans notre environnement culturel. Nous répondrons ainsi la question : Comment 3 “habitudes” liées au Hip Hop s’inscrivent dans toutes pratiques culturelles.

Le BeatMaking

Un bon morceau commence bien sûr par une instru’, et si l’art ardu de la composition n’est pas en reste que l’on parle de rap ou de Hip Hop en général, il faut bien avouer qu’une pratique a vu le naître le genre : la face B.
Extrait de morceaux reconnus, samples et boucles issus d’oeuvres ou d’artistes différents, voilà la base des premiers MCs.
L’usage de ces extraits comme base musicale se verra par la suite enrichie de compositions originales, jusqu’à n’en plus reconnaître que quelques notes : Le beatmaking est devenu central dans la création musicale Hip Hop.

Et ce n’est alors pas étonnant que de grands DJs comme Grand Master Flash soient devenus des légendes du genre.

Mais ce qui est d’autant plus génial, c’est qu’au delà d’être une base musicale incontournable pour les rappeurs, le beat est devenu un objet hybride qui peut virer du rock à la funk et saura accompagner un même artiste sur tous ses morceaux.

J’en prends pour exemple notre ami, et petit Génie : Narbo.

Créant ses propres beats pour ses albums, on lui connaît une teinte légère, instrumentale et souvent planante comme dans son ‘Hyperbole’ :

La douce mélodie des cuivres emporte l’auditeur pour laisser sonner et claquer les mots clairement découpés. Tantôt teintés de Soul, tantôt carrément Trap, on se laisse surprendre et emporter par les rythmes doux qui accompagne ces hymnes au voyage.

Et je n’ai pas pris cet exemple au hasard, car comme 20Syl, le bonhomme a une petite tendance à toucher à tout et en plus de faire ses instru’, on le surprendra au détour d’un morceau à proposer des compos plus électro qui ne sont plus dédiées à la voix mais simplement à l’écoute.

C’est aussi ça la force du Hip Hop : c’est une ouverture incroyable sur le monde culturel environnant, qu’il soit urbain, classieux et classique, ou ancien.

 

Le Vinyle

Le vinyle est devenu aujourd’hui plus qu’un simple support. Il représente une époque, et rend à la  musique sa force nostalgique.
Que l’on adore entendre le craquement du diamant sur ses sillons, ou qu’on l’affiche comme une toile à son mur, il est devenu un objet plein de sens, au delà d’être un outil pour les DJ’s et compositeurs.

En effet, lorsque je citais Grand Master Flash, et précédemment The Get Down, je pensais évidemment à ce fameux instant du crayon (ndlr. Voir la série, je veux pas vous spoiler trop fort 😉 ). Le Dj prouve à ce moment là que si l’objet paraît simple, et qu’il n’est là que pour tourner, il peut devenir une arme de divertissement massive quand on le maîtrise.

Timing musical, inventivité et doigté seront nécessaire pour y parvenir mais c’est comme cela que l’on obtient ce genre de choses :

  

Mais si à l’époque le vinyle était le seul support qui permettait une bonne écoute, il est aussi devenu le symbole de tout une génération. Prisé des collectionneurs et empreint d’histoire, on s’amuse parfois du souci qu’ont certains pour le détail. S’il est produit en Allemagne (qui pressait la majorité des disques de qualité à l’époque pour l’europe), en bon état, et en peu d’exemplaire, l’objet en devient même rare jusqu’à coûter plusieurs dizaines voire centaines d’euros.

Mais avant même d’en faire un objet de collection, on peut remarquer qu’aujourd’hui, il est devenu un véritable objet de déco !

Évidemment, le soin apporté à la jaquette est essentiel en ce sens (et les talents de graphiste de 20Syl font de ses opus d’excellentes déco).

N’avez vous jamais vu chez un ami quelques étuis affichés tels des trophées ?

Et vu la rareté et le prix des platines haut de gamme, cela restera longtemps un simple objet de déco pour certains, comme une preuve de bon goût et une once de nostalgie dans un salon.

 

Le MC : plus qu’un lead singer

Quand tu bosses avec un gars comme J, tu sais que le live il va y avoir moyen de faire quelque chose. Je connaissais le travail qu’il faisait sur The Procussions, je les aient vus en live, et lui c’est une bête de scène. Pour moi c’est  un des meilleur rappeurs sur scène :
Il tient le truc, il a une énergie de dingue, il est super carré. Il a un côté Rock’N’Roll aussi dans la voix donc pour moi ça tue

On a parlé de la musique en elle-même, mais il y a plus que ça. Le Hip Hop est un art résolument organique et les styles qui en découlent (Rap, Slam, Impro…) directement s’accompagnent régulièrement d’une ou plusieurs voix. Mais ici, nous ne parlerons pas de ‘chanteur’.

Alors qui c’est qui va mettre le feu ? Le MC !

Attention, je ne dis pas qu’ils ne savent pas chanter ! Enfin pour la plupart !

Le MC, pour Master of Ceremony (ndlr. Maître de Cérémonie, en anglais dans le texte) est le liant du morceau. Il vient poser des mots sur les sonorités et c’est ce savant mélange qui fait des œuvres Hip Hop plus que des instru’.

Et là, à chacun sa définition : Du spleen romantique de Lucio Bukowsky ou JazzyBazz, au flow carabiné de YouthStar ou Disiz, il y en a pour tous les goûts.

Disiz nous en donne sa définition dans son morceau ‘les 10 commandements du MC’.

Son attitude, son flow, ses choix et sa sensibilité musicale font de lui l’animateur incontournable qui soulève les foules.

Mr. J. Medeiros lui-même nous donne un point de vue très personnel sur le sujet. Alltta est un projet où chacun des artistes a pu amener son monde, pour les mixer par la suite, comme nous avons pu en discuter lors de l’interview.

On le ressent d’ailleurs énormément dans les dernières figures du duo : Les lyrics sont prépondérantes et viennent surfer sur la zik de 20Syl pour ouvrir nos yeux sur les entraves à la liberté que les croyances qu’elles soient sociales ou religieuses peuvent causer. Malgré cela J. semble bien nous dire que ça n’empêchera jamais les esprits libres de respirer et de crier leurs convictions :

De MC Solaar à Maître Gims, jusqu’aux légendes du WuTang, chaque MC aura une identité forte, une voix et un flow unique et une poésie bien à lui. Autant vous dire que vous avez le choix ! Alors arrêtons les préjugés sur les MCs et rappeurs, ils sont loin d’être tous les même, et ils le prouvent chaque jour, sur chacun de leur 16 (couplet) et sur chaque scène qu’ils enflamment.

 

Conclusion : La place du Hip Hop dans le paysage culturel

Le Hip Hop est donc aujourd’hui, sans surprise une pratique répandue, à l’origine de beaucoup d’influences dans de nombreux styles et diverses pratiques artistiques. Il point son nez dans le manga avec Samurai Shamploo, remue les foules dans les salles de concert, ouvre les portes du cinéma à d’autres et plus encore.

N’oublions pas la liberté d’expression et le combat des classes défavorisées qui est encore une réalité en Russie par exemple, où le rap bien que populaire est divisé en de nombreux courants dont certains nous rappelle le Get Down à son époque : http://www.nova.fr/les-battles-de-rap-bastion-de-la-liberte-dexpression-en-russie

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Romain - Hak - Q.

J'aime être vos yeux et apporter de nouvelles lectures à mes programmes et œuvres favoris. Mais soyons honnêtes j'fais beaucoup de jeux de mots plus ou moins bons et compréhensibles si vous ne l'avez pas vu. Et surtout j'adoooooooooooooooore le fromage avant tout !

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